L'Arabie saoudite devient le premier pays du G20 à établir un cadre juridique pour les ambassades de données avec sa loi sur les hubs d'IA
En bref
La Commission des communications, de l'espace et de la technologie d'Arabie saoudite a publié le projet de loi sur le Hub mondial d'IA le 14 avril 2025, faisant du royaume le premier pays du G20 à établir un cadre juridique complet pour les ambassades de données. La loi crée trois types de hubs d'IA permettant aux gouvernements et entreprises étrangers de stocker leurs données en Arabie saoudite sous le régime juridique de leur pays d'origine. Avec les partenariats signés avec Nvidia, Google et Oracle en novembre 2025, l'Arabie saoudite se positionne comme un hub neutre de souveraineté des données entre l'Est et l'Ouest.
Ce qui s'est passé
Le ministre saoudien des Finances Mohammed Al-Jadaan a présenté le concept d'ambassade de données lors du Forum économique mondial de Davos plus tôt en 2025. La Commission des communications, de l'espace et de la technologie (CST) a ensuite publié un projet de loi sur le Hub mondial d'IA le 14 avril 2025, ouvert à la consultation publique jusqu'au 14 mai 2025.
Ce cadre fait de l'Arabie saoudite le premier pays du G20 à publier une législation complète sur les ambassades de données, s'appuyant sur des concepts initiés par l'Estonie en 2017. L'Estonie et Monaco restent les seuls pays disposant d'ambassades de données opérationnelles, toutes deux hébergées au Luxembourg comme dépôts de sauvegarde pour les données nationales critiques.
Les principaux objectifs du projet de loi comprennent la création d'un environnement permettant aux gouvernements et entreprises étrangers de développer des technologies avancées, l'exploitation de la position géographique de l'Arabie saoudite reliant trois continents pour améliorer l'accès numérique mondial, et l'établissement de centres de données assurant la continuité de service avec une sécurité renforcée.
En novembre 2025, l'Arabie saoudite a signé sept accords majeurs avec Nvidia, Google et Oracle, intégrant le royaume dans la chaîne d'approvisionnement mondiale de l'IA au-delà des simples partenariats matériels.
Pourquoi c'est important
Le modèle d'ambassade de données répond à une tension croissante dans l'infrastructure mondiale de l'IA : les organisations ont besoin d'une présence de centres de données dans des régions stratégiques, mais les différentes lois sur la souveraineté des données compliquent les opérations transfrontalières.
Système de hubs à trois niveaux : Le projet de loi établit trois types de hubs d'infrastructure numérique :
| Type de hub | Description | Gouvernance |
|---|---|---|
| Hubs privés | Centres de données de gouvernements étrangers | Exclusivement la loi du pays invité |
| Hubs étendus | Arrangement tripartite avec opérateur local | Loi du pays invité, opérateur saoudien |
| Hubs virtuels | Hébergement commercial par des fournisseurs constitués en Arabie saoudite | Loi du pays d'origine du client étranger |
Les hubs privés fonctionnent avec une immunité diplomatique numérique, similaire aux ambassades physiques. Les hubs étendus s'adaptent aux situations où les pays invités ne disposent pas de la capacité d'exploiter l'infrastructure. Les hubs virtuels permettent aux fournisseurs commerciaux de servir des clients sous divers cadres juridiques.
Positionnement stratégique : L'Arabie saoudite offre un terrain neutre entre les écosystèmes technologiques américain et chinois. Les organisations souhaitant éviter l'implication géopolitique dans l'une ou l'autre sphère peuvent opérer sous les règles de leur pays d'origine tout en localisant physiquement leurs données dans le royaume.
Flexibilité de localisation des données : Le cadre traite les hubs d'IA comme des espaces numériques souverains soumis aux réglementations locales pour la localisation des données, mais exempte les installations désignées comme ambassades. Le transfert transfrontalier de données nécessite une approbation gouvernementale explicite pour les opérations hors hub.
Détails techniques
Exigences et protections des hubs
| Caractéristique | Hub privé | Hub étendu | Hub virtuel |
|---|---|---|---|
| Gouvernance des données | Pays invité uniquement | Pays invité | Loi du pays d'origine du client |
| Opérateur | Pays invité | Tiers agréé | Société constituée en Arabie saoudite |
| Accès aux tribunaux saoudiens | Aucun | Assistance hybride | Limité |
| Accord bilatéral | Requis | Requis | Non requis |
Défis de mise en œuvre
Accords bilatéraux : Les ambassades de données nécessitent des accords internationaux sur la juridiction sans cadre juridique existant. Chaque partenariat exige une négociation sur mesure entre l'Arabie saoudite et les pays invités.
Infrastructure énergétique : Le réseau électrique saoudien reste dépendant des combustibles fossiles, le pétrole représentant 64 % de l'approvisionnement énergétique total en 2023 selon l'Agence internationale de l'énergie. Les centres de données d'IA nécessitent des engagements en matière d'énergie propre que de nombreuses organisations exigent désormais.
Pénurie d'eau : Le refroidissement des centres de données nécessite des volumes d'eau importants. Le climat aride de l'Arabie saoudite crée des défis pour le refroidissement évaporatif traditionnel, poussant vers des alternatives de refroidissement liquide ou par air.
Contexte du partenariat américain
Les États-Unis et l'Arabie saoudite ont établi un Partenariat stratégique pour l'intelligence artificielle qui comprend la construction et le développement d'infrastructures d'IA avancées. Rien n'indique que les États-Unis deviendront un partenaire privilégié pour les ambassades de données, mais le cadre permet d'accommoder cette relation.
Prochaines étapes
Le projet de loi entre en vigueur 60 jours après sa publication au Journal officiel, suite à la période de consultation qui s'est terminée le 14 mai 2025. Le texte final n'a pas encore été publié.
Jalons à court terme : - Publication de la loi finale attendue début 2026 - Premiers accords bilatéraux pour les hubs privés - Déploiement des infrastructures Nvidia et Google dans le cadre des accords de novembre 2025
Questions en suspens : - Quels pays négocieront en premier des accords de hubs privés - Comment fonctionnera l'assistance hybride des tribunaux saoudiens dans les hubs étendus - Si les alliés américains adopteront des cadres similaires d'ambassades de données
La fragmentation mondiale de la souveraineté des données s'accélère, avec 137 pays disposant désormais de lois sur la protection des données. Le cadre saoudien offre un modèle potentiel pour les nations cherchant à attirer les investissements étrangers dans les centres de données tout en préservant la flexibilité juridictionnelle.
Le point de vue d'Introl
Les déploiements d'ambassades de données nécessitent une ingénierie de terrain spécialisée à travers des cadres juridiques et opérationnels divers. Les 550 ingénieurs d'Introl assurent le support des infrastructures GPU dans 257 sites à travers le monde, y compris les marchés émergents du Moyen-Orient. En savoir plus sur notre zone de couverture.
Publié le 30 décembre 2025